lundi 28 août 2017

EN ROUTE VERS LA MER DU NORD (1)



2 Elbe moyenne, de Dresde à Hohenwarthe 

Le week-end de l'Ascension approche et il devient difficile de se loger tant en cabanes-camping, qu’en hôtels.  Très vite nous avons abandonné l'idée de location de cabanes ou bungalows dans les campings qui ne répondent pas rapidement (ou pas du tout) aux mails, et téléphoner n’est pas toujours facile. Nous choisirons donc petits hôtels ou "pensions".
 
 

En quittant Dresde, le ciel est encore gris des averses nocturnes, mais le vent du Nord va bien vite  balayer les nuages… Avec, pour nous, cette impression de tirer des bords contre la bise, en serpentant dans cette grande plaine inondable de l’Elbe…  


                                                                                                                 Meissen

Jeudi, Ascension, jour férié, nous ne l’avons pas anticipé. Tout est fermé,  pas le plus petit morceau de pain à acheter… Heureusement, les stations-service sont ouvertes, et vendent pain, charcuterie… enfin de quoi casser la croûte.
Les traversées d’agglomérations sont toujours source d’un plaisir curieux, avec leurs édifices baroques ou des maisons à colombages.  

                                                                              Mühlberg
A Belgern, des conscrits animent la ville autour d’un barbecue ambulant  où grille un cochon, enfumant ainsi tout leur itinéraire. 




Enfin Torgau, les flèches des clochers resplendissent au soleil de fin d’après-midi. Nous visitons cette belle cité baroque, avec son château et sa fosse aux ours. Ce fut aussi le point de jonction, le 25 avril 1945, de l’armée rouge et des armées américaines…




Ce soir nous dormons à Polbitz, petit village à l’écart. Une pension ne fait pas à manger, nous commanderons donc un plat de lasagnes chez un traiteur de la ville voisine, que nous dégusterons en discutant avec un couple de cyclos allemands.
Au matin, nous retrouvons la plaine… et le vent, la digue pour unique relief. 
Les champs de colza et de blé apportent les touches de couleur. Dans un village, une petite église de torchis rompt la monotonie du paysage. 


En arrivant à notre pension  de Lutherstadt-Wittenberg,  surprise : la propriétaire ne peut plus nous loger ! mais elle nous a trouvé un autre hébergement, ouf ! et plus près du centre-ville, tout est bien !
Installation faite, nous partons découvrir cette ville qui se prépare à fêter les 500 ans de la Réforme… Déjà, de nombreux groupes sillonnent les rues, différenciés par des foulards de couleurs. Tourisme religieux…



A Gödnitz, nous logeons à côté d’une auberge dont nous sommes les seuls hôtes ; les propriétaires sont tous âgés. Nous sommes les premiers français qu’ils voient par ici – "Falbala et Astérix" comme nous le dira astucieusement notre aubergiste…
En quittant nos hôtes sympathiques, après le copieux petit déjeuner, nous prenons le bac pour Barby, petite cité ceinte d’une grande muraille protectrice contre les eaux capricieuses du fleuve.




 Les habitants trouvent cette région très nature, nous, nous la trouvons plutôt monotone et campagnarde. Pas ou très peu de bateaux sur l’Elbe, pas d’ancien chemin de halage… les passages dans les villages, toujours intéressants pour l’architecture, sont revêtus de pavés plus ou moins disjoints qui malmènent les cyclos et leur matériel.
Ainsi cheminant, nous arrivons à Magdeburg où la cathédrale renferme de superbes miséricordes. 




A proximité, nous admirons la "grüne Zitadelle" – la citadelle verte – ensemble architectural moderne, coloré et décoré de nombreuses plantes vertes…



Cette étape se terminera à Hohenwarthe, près d’un pont canal. Internet à l’hôtel nous permet de prévoir les prochaines étapes, dont celle de Hambourg.

jeudi 27 juillet 2017

DE L'ELBE A LA WESER...



1 De Prague à Dresde

Cette année, tout commence à Prague… la capitale de la Bohême comme départ d’une randonnée cyclo, beau symbole d’itinérance !
Deux jours de train, quelques changements…
Enfin la gare centrale de Prague, les bords de la rivière Vltava (Moldau en allemand) et nous roulons jusqu’au camping où nous attend un petit chalet.


Deux jours de visite de la ville pour en voir les principaux sites : le pont Charles, au pied du château, les rues de la vieille ville, l’horloge astronomique… et quelques ours pour orienter nos déambulations. 






Visite intéressante du "musée du communisme" : l’histoire du pays - la Tchécoslovaquie – est retracée depuis son origine moderne en 1918 ; édifiante leçon d’histoire sur les relations souvent difficiles entre ce pays et la férule stalinienne. 







                                                  la maison qui danse
Côté cuisine, s’impose naturellement la dégustation d’une goulasch bohémienne !

Dimanche 21 mai, vélos chargés, nous partons sur le parcours de "l’Elbe à Vélo" vers la mer du Nord, quelques 1000km plus loin. 


La piste est belle au sortir de Prague, en suivant la Vltava mais très vite, nous devons la quitter pour une incursion, avec une belle grimpette, sur le plateau voisin. Nous retrouverons la rivière plus tard, en suivant un chemin de terre qui passe devant la maison de Dvorak, à Nelahozeves. Et déjà un premier bac.
 A Melnick, confluent de la Vltava avec l’Elbe, dominé par un monastère, commence la piste des bords de l’Elbe et son parcours rêvé, préparé, modifié que nous attendions. Nous arrivons au soir de cette première étape à Steti, petite ville industrielle, avec la découverte d’un adversaire redoutable : le vent. Vent du Nord (et donc de face, pour nous) qui va nous accompagner quotidiennement, parfois avec force…


 
Lundi, nous ne pouvons éviter de passer à Terezin, lieu de sinistre mémoire où les nazis ont exterminé 30000 juifs en transformant en camp de concentration un vieux fortin du XVIIIe de la ville fortifiée.



Nous retrouvons la piste à Litomerice, avec de nombreux passages "nature" non revêtus, et aux montées plutôt raides… avec même des escaliers à franchir au passage d’une écluse à Strekov !
Le paysage change, le plateau laisse maintenant apparaître des reliefs volcaniques anciens où l’Elbe a creusé sa vallée.
Ce soir, nous logeons dans une tente louée au camping de Decin, sous un pont routier bien circulant !










Au matin du troisième jour, nous quittons la République Tchèque en suivant le cours de l’Elbe dans une belle vallée sauvage. La frontière est franchie à Bad Schandau où les trains déposent les cyclotouristes allemands…
La vallée est toujours encaissée, mais le côté sauvage a disparu. Des maisons colonisent petit à petit les rives du fleuve.




Nous approchons de Dresde et l’urbanisation s’intensifie… comme par hasard, la distance nous séparant du centre ville semble élastique à la lecture des panneaux. Le vent accentuant les efforts, la fatigue commence à se faire sentir au bout de ces trois jours de belle pédalée.
Enfin, les murailles de la ville apparaissent derrière le long terrain vague inondable.
Nous logeons tout près du centre-ville ancien et les vélos rangés au 2e étage de l’immeuble d’Ibis Budget, nous pouvons tranquillement aller visiter la ville dont l’ensemble des monuments a été reconstruit après les lourds bombardements de février 1945 ; la cathédrale a été inaugurée seulement en 2009…